Lise Blanchet, journaliste, grande reportrice & présidente du Jury professionnel
Président du jury professionnel
Lise Blanchet a consacré près de quarante années à France Télévisions, dont trente-cinq au sein du magazine mythique Thalassa, où elle fut journaliste puis rédactrice en chef. Elle a signé une centaine de reportages aux quatre coins du monde, tous consacrés à l’univers maritime. Son travail fut couronné par le prix Albert Londres pour l’histoire d’un homme bâtissant, vingt-cinq ans durant, «un grand Spountz », une grande goélette en bois. Chevalière du Mérite maritime en 2023, elle a également œuvré pendant dix ans au sein de la SCAM (Société Civile des Auteurs Multimédia), en tant que vice-présidente, trésorière et présidente de la commission des journalistes, défendant avec constance le droit d’auteur des journalistes. Membre et présidente de jurys dans de nombreux festivals (FIGRA – Douai, Bayeux, FIPADOC – Biarritz, Angers, Tours), elle accompagne et soutient la création documentaire. Aquarelliste depuis trente-cinq ans au Bono, elle peint régulièrement les rivages et l’univers maritime de cette Bretagne qu’elle adore.
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Le mot de la présidente du Jury professionnel
On ne découvre pas la mer, on l’apprend.
On ne connaît pas la mer, on l’approche.
Patiemment, modestement, avec soumission, avec passion.
Les hommes et les femmes qui habitent notre planète bleue ont en commun ces qualités, ils forment un univers à part, un monde particulier où les règles sont écrites à l’encre verte de cette masse liquide toujours en mouvement. Ce sont les gens de la mer.
Au cours de mes années à Thalassa, j’ai parcouru beaucoup des rivages du monde maritime, et j’ai appris à reconnaître et à écouter ce peuple de la mer, leurs mêmes difficultés, leurs mêmes joies, leurs mêmes impuissances, leurs mêmes victoires. Et j’ai découvert, émerveillée, que le pêcheur de coquillages de l’île de Cebu aux Philippines était bien le cousin de la ramasseuse d’algues à Zanzibar, qui elle-même était la sœur des Ama, plongeuses d’ormeaux au Japon, les tantes du pêcheur de bar dans le raz de Sein. Et c’est cette famille des gens de la mer que j’ai voulu raconter pendant 35 ans, donnant la parole à tous ceux qui affrontent la mer pour vivre et qui finissent par se comprendre et parler une langue universelle, un Esperanto marin captivant.
Nul autre élément ne suscite autant de rêve et de fascination, et là encore c’est universel. Je me souviens de Gilles, postier à Arras, qui met 23 ans à construire sa goélette en bois dans un hangar de ferme, pour partir … sur la mer. Il réussira, comme Moitessier qui comprend en course qu’il ne peut regagner la terre… Et poursuivra seul sa longue route.
J’ai passé toutes mes années professionnelles à écouter les histoires des gens de la mer. À ne jamais en être lassée, à en être toujours passionnée. Alors quelle magnifique initiative il y a presque 20 ans que d’organiser ce Festival à Lorient qui rassemble tous ces récits du peuple de la mer qu’il faut partager, faire vivre, comprendre. Et c’est avec beaucoup d’impatience que j’attends les premières projections car je sais qu’elles seront étonnantes, insolites, déchirantes, joyeuses et libres. À l’image des histoires maritime.
Aujourd’hui je vis au bord de la mer, car j’ai besoin de sa puissance et de son odeur. Je ne fais plus de reportages, mais je peins l’univers maritime qui m’entoure, à l’aquarelle, dans mon atelier du Bono. Une autre façon d’être toujours proche des gens de la mer.
Alexia Vanhée, déléguée artistique du Festival international Jean Rouch
Alexia Vanhée chemine à la croisée de la recherche et du cinéma. Chargée de projets culturels au CNRS, elle est, depuis 2024, la déléguée artistique du Festival international Jean Rouch, où elle accompagne les œuvres et les regards qui interrogent le réel. Auparavant, à la Bibliothèque nationale de France, elle veillait sur les collections consacrées au cinéma documentaire et tissait des partenariats pour en faire rayonner la mémoire vivante. Ancienne bénévole du Festival International du Documentaire Émergent (Paris), elle a également pris part aux commissions de sélection d’Images en bibliothèques et du catalogue Images de la culture du Centre National du Cinéma et de l’image animée.
Marie Dautzenberg, fondatrice de l’École de l’exploration
Marie Dautzenberg est la fondatrice de l’École de l’exploration, une association ancrée à Saint-Malo dédiée à la connaissance et la préservation du milieu marin. Passionnée par les enjeux océaniques, l’éducation et les questions démocratiques, elle cherche à saisir ce qui vient de nouveau à travers le regard, l’expérience, les savoir-faire des hommes et des femmes qui vont en mer ou qui vivent sur les littoraux et les îles. Son parcours mêle les sciences, la culture, l’entrepreneuriat et le monde associatif dans lequel elle est engagée depuis 2018 avec la création du collectif Les Vagues à Saint-Malo. Elle s’engage pour la coopération entre scientifiques, gens de mer, acteurs de la société civile, artistes, citoyens. Grande amatrice de cinéma, navigatrice amatrice, Marie a fait de la Bretagne son port d’attache, admirative de la richesse et de la vitalité associative, de la culture maritime et de l’esprit de solidarité qui y règne.