PALMARÈS DU JURY PROFESSIONNELS 2021

Mention spéciale Chandrika Sharma

MADAME F  de Chris van der Vorm (Pays-Bas)

Une mention spéciale pour ce film, qui nous montre le combat d’une femme courageuse dans un Nigéria que l’on voit rarement à l’écran. Même si la pêche n’est pas au cœur du documentaire, ce film nous offre, via de magnifiques images en pirogues, une virée dans un milieu aquatique où les femmes ont de vrais combats à mener au quotidien. La réalisation nous permet de nous embarquer avec ces femmes qui, le temps d’un spectacle, vont apprendre à crier leur révolte et leurs droits. Reste à savoir si cette femme pourra les convaincre durablement de s’exprimer et de s’unir dans ce Nigeria où les hommes restent tout puissants. Une mention spéciale donc, pour ce film engagé et ce portrait de femme au caractère bien trempé qui veille avec ses moyens comme une louve sur ses “petites” dans un monde bien violent à leur égard.

Prix Chandrika Sharma *

GHOST FLEET  de Shannon Service et Jeffrey Waldon (États-Unis)

Le combat de cette femme de notre époque contre un esclavagisme qui n’a jamais cessé depuis l’histoire de l’humanité, nous a tous profondément touchés. Pour nous informer sur ce combat, les réalisateurs ont su trouver les moyens et les images pour nous faire vivre le quotidien de ces hommes, pécheurs forcés démunis de tout, battus, séparés des leurs et séquestrés des années en pleine mer. La mise en scène nous permet de suivre Patima et son équipe et de comprendre les risques et la grandeur du combat à mener. Le Prix Chandrika Sharma est donc tout à fait approprié pour récompenser ce film courageux tout en honorant la mission de cette héroïne qui se bat pour améliorer les conditions de vie de ces forçats de la mer. Le film précise que le combat de Patima a permis de sauver plus de 5000 « pécheurs- esclaves », ce qui lui a valu d’être proposée pour le Prix Nobel de la Paix.

Ce prix spécial récompense un film mettant en valeur le rôle des femmes. Disparue en 2014, Chandrika Sharma s’était illustrée par son combat pour les droits des femmes à la pêche et pour la pêche artisanale en Inde.

 

Prix du Festival de films Pêcheurs du monde– catégorie court métrage

CHAIR ET NACRE  de Daniel Drumond (Brésil/ France)

Le jury a récompensé ce film pour la concision et la maîtrise du portrait plein d’humanité d’un pêcheur de moules qui essaie de survivre dans un environnement pollué, condamné à la lisière d’une grande ville du Brésil, enchaîné à un travail épuisant qu’il ne souhaite pas léguer à ses enfants, veillant à préserver l’espèce qu’il pêche, et gardant sagesse,  dignité et espoir en décidant de retourner à l’école du soir à un âge avancé;

Mention spéciale – catégorie long métrage

EAUX NOIRES  de Stéphanie Régnier (France)

Ce beau film nous propose un voyage en Guyane, jusqu’aux temps de l’esclavage et autour des marais de Kaw,  encore hantés par la “maman de l’eau”, les “bêtes à feu”, le souvenir des nègres marrons et de ceux qu’on a forcés à creuser la “Crique Fouillée” et le “Canal Roy”. La vie s’ écoule lentement, un lézard traverse le chemin, des bœufs nagent paisiblement, une femme pêche. La seule musique est celle de chants anciens, le rythme, celui d’une mélancolie songeuse qui n’est pas loin de nous ensorceler.

Prix du Festival Pêcheurs du monde- catégorie long métrage

SEPTEMBRE 1930, THONIERS DANS LA TEMPÊTE  de Alain Pichon (France)

Une réalisation virtuose, qui s’appuie sur une triple technique: en introduction, celle du banc titre, purement pédagogique, qui expose précisément les plans des dundees, voiliers de travail utilisés à l’époque pour la pêche au thon. Ces précisions nous seront bien utiles pour la suite. Puis le plus somptueux arrive. Pour figurer l’interminable tempête, deux peintres ont généreusement étalé leurs couleurs : à Jo le Floch, les bateaux et les hommes, à Serge Doceul les paquets de mer,  les vagues monstrueuses, la houle et le gros méchant temps. Le calme retrouvé, et le malheur aussi, sont celui du noir et blanc des archives. Servi par une très belle réalisation et un important travail d’équipe, ce film animé souligne la dureté de la Nature et rappelle un terrible drame humain,

“Que de souvenirs !!! J’ ai eu un pincement au cœur en regardant ce film “virtuose”. Eté 1978, je commence, à 15 ans, la pêche au thon (germon) sur un navire de 21 mètres, technique de pêche : à la traine tout comme ces bateaux de 1930. Seule différence que nous avions : meilleurs outils,  instruments et appareils de navigation performants pour l’époque. Mais l’envie était la même : traquer ces bancs de thon pour les pêcher et en ramener le maximum pour payer les frais et nourrir la population. La dure réalité est exprimée par ces peintures, montrant et expliquant la difficulté de navigation lors de tempêtes avec ces navires et malheureusement le final est catastrophique pour certains d’entre eux” Bruno Claquin

 

PRIX DES COLLÉGIENS ET PRIX DU PUBLIC

Prix des collégiens

SENEGAL, PILLEURS DES MERS  de James de Caupenne-Keogh et Feurat Alani (Émirats Arabes Unis)

Ce prix a été décerné par les élèves de 5e2 du collège Marcel Pagnol de Plouay, début Février

Nous avons aimé « Sénégal, pilleurs des mers », car il y a de l’émotion, par exemple avec le passage de l’ancien pêcheur qui nous racontait l’accident avec son fils, et avec la musique qui apparaissait au bon moment. Nous avons aussi aimé le sujet qui portait sur la pêche illégale dans les mers sénégalaises et ses conséquences, comme la diminution du nombre de poisson pour les habitants et les accidents à cause de ces gros chalutiers. Nous avons aussi découvert les interventions de la gendarmerie maritime et les amendes qu’ils donnent aux pêcheurs. Dans ce reportage, le sujet est traité sous plusieurs angles, et on se sent dans la peau des différents personnages.

  

Prix du Public

LA SAISON DES TOURTEAUX  de Martin Benoist (France)

Film récompensé par le vote du public sur KuB

Derrière la falaise d’Étretat, Christophe, malvoyant, pêche « à la tâte » tourteaux et homards, dans un espace quasi lunaire. Une expérience inoubliable esthétique et sensorielle, qui appréhende l’environnement d’une manière sensible et conviviale.