Ntoni Valastro, pêcheur sicilien, vit à Aci Trezza, un petit village niché entre Catane et Syracuse. Sa famille – comme toutes les autres – est exploitée par les grossistes, qui fixent les prix du poisson. La colère gronde. Les pêcheurs, ulcérés par l’insolence des vendeurs, se révoltent. Ntoni persuade sa famille de se passer des mareyeurs et de travailler pour son propre compte. Après une première pêche abondante, les lendemains vont pourtant déchanter…

Avec Antonio Arcidiacono, Giuseppe Arcidiacono et les habitants d’Aci Trezza

Prix international au Festival de Venise, 1948

 

Luchino Visconti (1906-1976)
Hanté par l’Histoire et son mouvement, Luchino Visconti a traversé et imprégné plus de trente ans de vie cinématographique italienne. Son œuvre raffinée s’est imposée comme une grande méditation sur le temps et l’inévitable corruption de toute chose.
Metteur en scène de cinéma, de théâtre et d’opéra, Visconti est un artiste hors norme.

Extrait de sa filmographie : Les amants diaboliques (1943) / Bellissima (1951) / Nuits blanches (1957) / Rocco et ses frères (1960) / Le Guépard (1963) / Mort à Venise (1971) / Violence et passion (1974) / L’innoncent (1976)

 

La terre tremble, un film néoréaliste

Le « néoréalisme » est un courant artistique en réaction à l’occupation allemande, au fascisme et à la censure des années 40. Ce cinéma est réaliste « montrant de véritable gens dans leur vrai milieu ». La réalisation sobre et dépouillée est tournée en extérieur avec peu d’équipement, le recours à des acteurs non professionnels et l’emploi de dialectes. Avec La terre tremble, Visconti s’inscrit dans ce courant, tant par le sujet que par la méthode. En 1947, financé par le Parti communiste italien, Visconti part en Sicile avec l’intention de tourner un documentaire en trois parties sur la lutte des classes dans le Sud, en s’appuyant sur le combat social mené par les pêcheurs, les ouvriers, les mineurs et les paysans. La beauté des lieux, la pauvreté et l’exploitation des hommes le fascinent et l’indignent à la fois. Lui revient alors à l’esprit l’œuvre du romancier Giovanni Verga, Les Malavoglia, récit de la révolte d’un village de pêcheurs…Il opte pour une fiction, qui viserait la vérité et l’authenticité. Seul l’épisode de la mer sera finalement tourné. Selon Francesco Rosi, ce titre fait référence à la révolte des paysans, dont les sabots des chevaux faisaient trembler la terre. Cette volonté de dénoncer pour agir sur le plan social s’inscrit dans le courant néoréaliste. Entièrement investis dans cette aventure, les gens du cru aident les machinistes et les électriciens, participent à la mise en place des figurants, jouent la comédie, tout en continuant d’exercer parallèlement leur vrai métier.

D’après Rachel Guyon, Cinematheque.fr

Si La terre tremble a su résister au temps, c’est grâce à ce soin apporté à l’image. Le départ des pêcheurs, dans la nuit noire déchirée de cris de fatigue, ou l’attente des femmes sur les rochers, telles des figures de proue au bord de l’effondrement, frappent par leur extrême beauté, digne d’un opéra social.

D’après Marine Landrot, Télérama

Projections programmées :

Lorient Cinéville / Reflets de la 13e édition

Réalisateur/trice

Luchino Visconti

Genre

Fiction

Producteur

Films sans frontières

Informations

Italie / 1948 / 160’